LčÉLU

Il a fallu serrer des pognes,
Dire des bonjours, flatter des borgnes,
Écouter geignards et menteries,
Connaître les histoires du pays.

Courir de dîners en spectacles,
Éviter pièges et débâcles
Aligner des mots et des mots,
Sans dire celui qui est de trop.

Ravaler souvent sa colère,
Ne pas montrer qučon est amer.
Garder sang froid et caractère.

Tout cela bien sûr avec sourire,
Parlant dčespoir et dčavenir.
Savoir trouver le mot qui touche,
Lancer la parole qui fait mouche.

Se remplir la tête de visages,
De noms, de chiffres, avoir lčair sage.
Charmer des bourgeois suffisants,
Et convaincre aussi les passants.

Pas perdre son fil, même dans la foule,
Soutenir lčéquipe quand elle sčécroule
Avoir un bon mot pour la presse.
Rester très beau et sans faiblesses.

Pendant ce temps se souvenir,
De ce qui donne envie dčagir,
Et garder vivant dans son coeur,
Une utopie, rêve de bonheur.

Parfois la route semble si longue,
Envie que sčarrêtent les secondes,
De recevoir tout simplement,
Des gestes amour, juste un instant.

Poser la tête sur une épaule...
Et arrêter de jouer ce rôle..
Cčest drôle...
 
 

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