I HAD A DREAM
de Vincent Byrd Le Sage
(pièce en Français)
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LA GENÈSE :
Je suis né dans la Bretagne profonde, en 1961, d'une maman blanche et d'un père (noir) absent mais pas renié. J'étais métis et fils de notable. Chez moi tout le monde est blanc, mon papa, ma maman, mes frères et sœurs. Jamais, dans toute ma famille, ne fut faite la moindre différence à mon encontre au titre de ma couleur. C'est le monde du dehors, et en premier chef l'école primaire -ah ! La douce innocence de l'enfance- qui s'est chargée de m'expliquer que le terme de nègre s'appliquait à ma personne. Je me sentais d'ici, j'étais tout à fait d'ici, j'étais Vincent. Mais dans "leurs" regards, dans "leurs" bouches, -moi qui peine à dépasser le café crème- j'étais avant tout un noir, un négro.
Je danse le Plinn, le Laridé, l'Andro et autres danses bretonnes. J'ai été élevé au lait ribot, au son de Piaf, Ferré, Brassens. Mes grands-mères me faisaient des crêpes, des galettes et des ris de veau en vol au vent avec, en dessert, une incroyable charlotte aux abricots que j'en pleure encore. J'ai vu mon premier noir à la télévision. Pourtant, il y a toujours quelqu'un pour me lancer au fil d'une conversation anodine, un subtil : "…Chez vous au moins vous avez beau temps…", voire un sibyllin : "…Ah, vous, le rythme…".
Je suis las des faux-semblants des vraisemblables
À l'instar d'un gros chez les maigres, d'un blond chez les bruns, d'un riche chez les pauvres, ou, paradoxe des images, d'une ménagère de 50 ans chez celles qui le valent bien, j'ai avant tout été une apparence aux yeux de mes congénères. Je me suis senti proche des "Autres" : des filles dans un monde de mecs, des rêveurs dans un monde d'efficaces, des vieux dans un monde de jeunes…
Vous n'êtes pas pareil ?
Moi non plus !
Après des décades de déclarations d'intention, il nous a fallu une loi pour commencer timidement à admettre les femmes sur la scène politique.
ON EST TOUJOURS LA MINORITÉ DE QUELQU'UN.
Chair!!! Vie!!!
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Des êtres ont évolué dans les maisons de mon imagination. Les mots du texte sont la trace laissée sur le papier par les plumes de leurs âmes, le pâle souvenir d'un magnifique feu d'artifice. Sans les corps, les gestes, les souffles des comédiens, les mots ne sont rien. La chair reste l'essence de ce projet.
Ferré disait de la poésie "La poésie est une clameur, Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie, Elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l'archer qui le touche…".